And Also The Trees + Catherine Graindorge

And Also The Trees + Catherine Graindorge.

Le 18 mars 2026 au Grand Mix, Tourcoing.

Reportage et photos ©Vincent Gaillard (Vince Picozine)

C’est au Grand Mix, une des salles de concerts les plus prolifiques de la région Lilloise, qu’a eu lieu cet évènement tant attendu des fans de And Also The Trees. Pour la deuxième fois dans la région en moins de 3 ans, le groupe est venu présenter son tout nouvel album : « The Devil’s Door » qui clôt une trilogie qui a commencé en 2022 avec « The Bone Carver », suivi en 2024 par « Mother Of Pearlmoon ».

La soirée se passe donc au Grand Mix dans sa version Club, presque en intimité entre les artistes et le public. On y croise bon nombre de t-shirts de The Cure, Joy Division et autres héros du post-punk. L’ambiance est détendu, conviviale, et passionnée de musique et d’anecdotes de tous genre qui évoquent les expérience des uns et des autres, font et refont l’histoire des groupes, des albums et des concerts mémorables. Le tout bercé par des musiques adéquates allant de Virgin Prunes à The Smile. 

La première partie de soirée commence avec Catherine Graindorge, une violoniste belge qui  a notamment participé à de beaux projets tel que le premier album de Détroit : Horizons, un EP avec Iggy Pop, et des collaborations avec Nick Cave, Mark Lannegan… entre autres. 

J’ai eu la chance de découvrir Catherine Graindorge sur scène il y a un an, accompagné de Simon Huw Jones (chanteur de And Also The Trees). Ce fut une véritable révélation. La violoniste venait y présenter son nouvel album « Songs For The Dead » sur lequel Simon Jones chante et Pascal Humbert y joue de la basse.

Ce soir, c’est en solo que Catherine est sur scène. Enfin pas si seule que ça, car c’est accompagné de ses superbes violon et alto reliés à un looper et de multiples effets, que Catherine va nous emmener dans des endroits inattendus. Dès le premier titre, on sent le public littéralement absorbé par les sonorités si particulières de Catherine. Nous sommes déjà ailleurs, comme en état d’hypnose, presqu’en apnée, tant nous sommes subjugués par la délicatesse et la beauté des titres qui s’enchainent. J’entends près de moi les commentaires chuchotés  entre les morceaux. Certains disant que c’est complètement onirique, d’autres évoquant des paysages nordiques de l’Islande où des fjords de Norvège. Catherine ponctue ses titres par des paroles ici et là, presque fantomatiques, mystérieuses ou encore des souffles, des soupirs qui prennent vie, qui prennent textures pour virevolter autour de nous. Catherine a visiblement une relation unique avec les cordes de ses instruments pour en tirer des choses incroyables et inhabituelles. J’écoute sa musique comme j’écouterai du Dead Can Dance ou du Sigur Ros. Je ne suis plus au Grand Mix, mais parti vers des contrés étranges et je m’y sens bien. Ainsi pendant une heure, la violoniste a ravi et conquis le public et pour transition avec le concert qui va suivre, Simon Huw Jones la rejoint sur scène pour interpréter un titre du dernier album de Catherine « Songs for the dead » qui est une pure merveille.

Après quelques minutes de retour sur Terre et de débriefing autour d’un verre, sur ce que nous venions de vivre, c’est au tour de And Also The Trees d’entrer en scène au milieu de quelques volutes de fumée savamment dosé pour inspirer une petite brume anglaise qui sied si bien au groupe.

Justin Jones, fait vibrer les cordes de sa guitare avec un ebow, rappelant l’intro de « Mother Of Pearl Moon », puis le groupe entonne le premier titre et Simon entre en scène. Les mots, les phrases découlent dans un timbre baryton si particulier au chanteur. Il nous emporte dans des histoires et des paysages chargés de sensibilité, de poésie et de mystère. Les titres issus de cette trilogie citée précédemment vont s’enchaîner et ravir le public. L’intervention de la clarinette ici et là crée une véritable ambiance nouvelle chez And Also The Trees. La tension est de mise et comme avec Catherine Graindorge, nous voici tous parti dans un univers si particulier à ce groupe, un tourbillon de poésie sortie de la campagne du Worcestershire en Angleterre ou se croisent fantômes, histoire d’amour, descriptions de paysage, le temps… . En 45 ans de carrière And Also The Trees a traversé le temps en se créant une identité unique, bien qu’ils eurent des périodes et des variations de style, ils sont toujours reconnaissable par leur façon de créer singulière. Avec les trois derniers albums en date, le groupe est plus que jamais au top de l’émotion et du raffinement de son art. Comme un nouveau souffle qui séduit à la fois les fans de longue date tout comme il peut envouter un nouveau public. Ainsi le concert est un véritable régale et pour combler le tout, un retour vers le passé, vers nos jeunesses exaltées et débridées, pour aussi fêter les 40 ans de l’album « Virus Meadow », And Also The Trees nous offre quelques titres issus de ce chef d’œuvre avec entre autre « Gone…Like The Swallows », « Virus Meadow » et «  A Room Lives In Lucy », de véritables madeleines de Proust !

Une soirée très riche en émotions dans une ambiance presque intimiste, un de ces moments où l’on se sent privilégié, heureux et loin des contraintes et distorsions de monde actuel. Une échappatoire qui nous marque de manière durable. Une redécouverte de Catherine Graindorge qui confirme à quel point elle est une grande artiste au style unique. A noté qu’elle figure sur le nouvel album de And Also The Trees en tant que violoniste et chœur. Et puis la joie de revoir ce fameux groupe que je suis depuis si longtemps et de voir qu’ils ne cessent d’être au sommet de leur art. J’envie ceux et celles qui les verront cet été à Nîmes dans un cadre atypique en première partie de The Cure !    

https://www.facebook.com/CatherineGraindorgeMusic/

https://catherinegraindorge.bandcamp.com/

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CharlElie Couture en Contreband

CharlElie Couture en contreband
Le 06 mars 2026, Festival de chanson française « A Travers Chants » 33ème édition, Saint Saulve.

C’est dans le cadre de la 33ème édition du festival de chanson française « A Travers Chants », basé sur la découverte musicale et qui pendant tout le mois de mars, va attiser la curiosité du public, que nous avons retrouvé CharlElie Couture pour un concert d’exception, toujours au top et tellement chargé d’émotions.

CharlElie Couture ou tout simplement CharlElie, celui-là même que j’ai découvert il y a une quarantaine d’année en regardant pour la première fois le film « Tchao Pantin » et dont il signait la bande originale. Ce titre incroyable qui me hante encore aujourd’hui, oui ce titre « Les Nuits Sont Trop Longues » qui fait écho aux émotions adolescentes qui me marques et demeurent en moi, là tout au fond de mon intime univers. CharlElie que j’ai appris à découvrir d’abord au travers de quelques 45 tours, « La Suprême Dimension », « Aime Moi Encore Au Moins »… et puis au travers d’albums dans le bus qui me conduisait au lycée, dans les écouteurs de mon baladeur, de temps à autre, « Solo Boys », « Quoi Faire » et « Crocodile». Tout cela bien sur parmi tant d’autres qui ont construit ma culture musicale et ma personnalité. Mais la grosse claque et surtout la prise de conscience, la révélation ultime que CharlElie est un artiste hors du commun et dont les textes m’ont vraiment touché, ce fut quelques années plus tard avec les albums « Double Vue » puis « New YorCœur ». Depuis, je suis un inconditionnel de ses œuvres que ce soit en matière de musique, de littératures, peintures, dessins … . Ainsi ce soir du 6 mars 2026 pour la 4ème fois je viens voir et écouter cet artiste si bien nommé, selon son expression, de « multiste ».

Sur la scène de l’espace Athena de la MJC de St Saulve, CharlElie s’installe au piano et commence le concert salué par une salle sold out, remplie de fans venus de tous horizons. Le timbre si particulier du chanteur, intact et familier, ravit le public et fige le temps pour faire évader nos esprits vers un sacré bon moment pour les deux heures qui vont suivre.

Puis c’est un de mes titres favori qui arrive. « Les Ours Blancs » dans une version un brin retouché mais tout aussi belle. Le genre de titre dont les paroles ne peuvent nous laisser indifférentes, tant CharlElie dresse un constat de notre monde et de ce que nous en faisons. Titre évidemment sur le thème de l’environnement, plus que jamais d’actualité, malheureusement.

C’est parti pour un enchaînement de titres issus de toutes les périodes de la carrière du poète rock. « Ma Marseillaise » titre inspiré musicalement de notre hymne national, mais dont celui-ci n’a rien de marseillais dans son texte. CharElie, nous fait un peu l’historique de « La Marseillaise » et surtout pourquoi cet hymne s’appelle comme ça. Sa version à lui devient le portrait amoureux d’une femme née à Marseille. Suivi par le merveilleux « La Suprême Dimension », chanson échappatoire et souvenir de jeunesse. Puis « Demain Est Incertain » faisant écho à la précédente sur l’inquiétude et l’incertitude sur notre monde et notre mode de vie. « Presque Boogie » issu du dernier album « Contre Toi » sur les relations humaines et les liens qui nous unissent.

« Le Jardin De Mon Oncle » titre issu du premier album de CharlElie sur le thème également de l’environnement et qui apparaitra sur le prochain. Toujours dans le même sujet «  La Vie Facile » qui ne laisse pas indifférent et qui prête à réflexion sur la vie contemporaine. « Il n’a dieu que pour elle », puis « Pochette Surprise » que le public reprend en chœur.

CharlElie évoque les histoires qui l’inspirent selon le hasard des rencontres et propose l’aventure vraie de ce clochard céleste qu’il a bien connu avec « L’Histoire Du Loup Dans La Bergerie ». 

Moment de grande intensité avec la présentation des musiciens. Trois virtuoses qui accompagnent notre chanteur sur les routes et sur les scènes toujours en contreband. Honneur aux dames avec à la basse Barbara Felettig, qui entame un solo de basse qui me laisse sur cul. Cet instrument que j’adore et que Barbara fait groover telle la force tranquille d’un moteur qui rythme la joie que nous avons d’être en ce lieu ce soir-là. Puis à la batterie Martin Mayer qui part lui aussi dans un super solo explosif et raffiné à la fois et enfin l’ami de longue date, celui qui accompagne CharlElie depuis décennies l’immense Karim Attoumane à la guitare qui nous donne le frisson de bonheur avec un solo de dingue.

Arrive le moment où les quelques notes qui introduisent le morceau, ont changé la vie du chanteur à jamais, «Comme Un Avion Sans Aile » qui ravi le public ! Et pour finir, un rappel pour les grands classiques et incontournables « Jacobi marchait », « La Ballade du mois d’aout 75 » avec encore un clin d’œil à l’environnement «  Le Jardinier Dort ».  

Voir CharlElie Couture en concert est toujours un moment particulier où la sincérité et le plaisir de jouer de l’artiste est palpable. J’ai toujours aimé sa manière d’aborder le monde qui nous entoure, le temps  qui passe ou l’instant présent, les histoires de vie, nos joies, l’amour, nos craintes, nos peurs, les sentiments qui sont aussi les siens. CharElie nous réveil et nous éveil, met des mots justes sur des choses essentielles et fondamentales, jamais dans la violence et toujours dans la bienveillance pour des choses meilleurs.

Bientôt sortira son nouvel album « Projet Bleu Vert (chanson pour la planète) » dont le sujet sera l’environnement. Cet album reprendra en grande partie des chansons de CharlElie sur ce sujet et chantées en duo avec de grands artistes. L’intégralité des bénéfices sera reversée à France Nature Environnement. 

https://www.charlelie.com/

https://www.facebook.com/festivalatraverschants/?locale=fr_FR

Reportage et photos : Vince Picozine (Vincent Gaillard)

 

 

FEU ! CHATTERTON au Zénith de Lille

FEU ! CHATTERTON, Tournée LABYRINTHE.

Zénith de Lille, le 01 février 2026.

Il y a un peu plus de dix ans, je découvre ce drôle d’EP portant le nom de Feu ! Chatterton. 5 titres tout aussi étonnants les uns que les autres dans un style pop-rock assez unique en son genre et aux textes qu’on pourrait qualifier de littéraire tant ils sont prenant et envoutent l’auditeur. Non sans rappelé, dans le fond, quelques Bashung, Gainsbourg, Ferré, Noir Désir. La relève était peut être là, me disais-je !

2026, Feu ! Chatterton est devenu le fer de lance du rock français avec 4 superbes albums studio, 2 Live et 2 bandes originales de film. « LABYRINTHE », leur dernier album, véritable petit chef d’œuvre prouvant que le groupe est constamment en évolution et sais surprendre tout en gardant son identité si unique et addictive, nous donne  rendez-vous au Zénith de Lille. Nous l’attendions depuis longtemps et cette attente aura porté ses fruits car nous ne sommes pas près d’oublier cette soirée.

19 heures, le concert affiche complet. La salle est pleine à craquer, la lumière s’atténuent et c’est la première partie qui commence avec Sam Sauvage, jeune artiste originaire de Boulogne Sur Mer qui remporte un vif succès sur les réseaux et dont le premier album « Mesdames, Messieurs » viens juste de sortir. Dans un style electro-pop-rock, une voix grave et une présence scénique singulière Sam nous fait agréablement patienter en digne héritier d’un Daho ou d’un Lescop. On retiendra entre autres les titres « Les Gens Qui Dansent (J’adore) » et « Un Cri Dans Le Metro ».

 20 heures. Après quelques trop longues minutes d’attente, les lumières s’éteignent enfin. Dans la peine ombre on distingue la scène comme un immense damier et suspendu au-dessus de celle-ci d’énormes cubes alignés et superposés formant aussi un damier mais verticale. Le groupe arrive et le public expose de joie. Sébastien Wolf (Guitare, Clavier), Clément Doumie (Guitare, Clavier), Antoine Wilson (Basse), Raphaël De Pressigny (Batterie) et Arthur Teboul (Chant) dont celui-ci arbore un costume vintage qui donnait toute l’élégance aux hommes dans les 70’s, une chemise verte et une cravate à motif dont il sait tirer parti pour en faire un style qui lui est propre à la limite d’un certain dandysme que les fans adorent.

Ça commence fort avec le dernier tube en date : « Allons Voir » comme un hymne à la vie qui enchante l’instant présent. L’impressionnante scénographie se met en marche et les cubes se mettent en mouvement avec une grande précision et synchronisation, formant des figures en 3 dimensions. Après deux ou trois titres, le concert décolle vraiment avec « Côte Concorde » ou Arthur et son équipage nous invite au voyage en commençant par le pire : le naufrage ! Les cubes alignés se mettent à tanguer comme le pont d’un navire en perdition. Puis à partir de là tout est possible, tout est à reconstruire et c’est avec les premiers émois amoureux que le chemin reprend par « La Mort Dans La Pinède ».  Autre tube de l’album « Labyrinthe » avec le magnifique « Ce Qu’On Devient » Les éclairages sont géniaux et donnent une dimension incroyable au concert. Le cubes changent de faces ; tantôt blanches, tantôt miroirs ou encore éclairés de divers couleurs changeant tour à tour de configuration évoquant sans doute les changements et les complexités d’un labyrinthe justement ?!

Puis place à l’émotion avec «  A Cause Ou Grâce » titre épuré laissant place à la pure poésie hommage à nos rêves qui sont en nous et que la réalité, bien souvent, fracasse. 

Toujours dans l’émotion avec «  Mille Vagues » à la mémoire d’êtres aimés qui sont partis vers des mondes que l’on dit meilleurs. S’ensuit « Libre » tout aussi puissant avec un final explosif, un véritable mur de sonorités rock. « L’Etranger » adaptation d’un texte de Louis Aragon sur un rythme electro. Ici les éclairages en faisceaux horizontaux donnent un curieux effet dimensionnel !

Monté en puissance avec « Un Monde Nouveau » avec un public déchainé, Arthur grimpe sur la crash-barrière et chante avec la foule en chorale. Puis version dansante disco-rock de « La Malinche », Arthur plonge littéralement dans le public et se fait porter jusqu’au fond de la salle, puis de retour sur scène, le titre se termine en apothéose. Le public se défoule et dégage une énergie énorme, Feu ! Chatterton est comme en transe et c’est une véritable ovation qui en découle.

Le groupe salut le public et quitte la scène après des remerciements émouvants. L’ovation éclate de plus belle et toutes les lumières des téléphones portables s’allument éclairants intégralement le Zénith qui s’était plongé dans l’obscurité.

Premier rappel, le Feu, reviens sur scène et entonne le très solennel et magnifique « L’Affiche Rouge » également poème de Louis Aragon dont Léo Ferré avait mis en musique. Poème à la mémoire de la résistance durant la guerre. 

Tout aussi instance, cette histoire d’abandon qu’évoque « A L’Aube ».

Le groupe quitte la scène, les cubes surplombants la scène redescendent au ras du sol, les lumières se rallument légèrement,  certaine personnes sont prêtes à se diriger vers la sortie, mais le doute plane. Le Feu n’aurait pas pu partir ainsi sans un dernier mot, après toute l’émotion qui s’est dégagé dans cette soirée. Puis une guitare acoustique se met à résonner, mais personne sur scène. 

Le groupe reviens par le coté de la salle directement dans le public et entonne « Compagnons » qui est devenu un véritable hymne. Tout le monde reprend le titre en chœur. Arrivé au milieu du Zénith, le groupe échange quelques paroles avec les gens et un monsieur demande à Arthur d’interpréter « L’Homme qui Vient ». Celui-ci se met à chanter le morceau magnifiquement juste accompagné d’une guitare. Enfin, toujours en acoustique c’est  le fameux « Labyrinthe » qui arrive. Encore une fois tout le monde reprends en chœur. Les Musiciens remontent sur scène et rejoue « Labyrinthe » en version « électrique », la machine de scène se remet en route de mille éclats et fini le concert tel un feu d’artifice.

2h20 de concert d’une intensité de dingue. Nul doute, Feu ! Chatterton est plus qu’un groupe de scène. Il y avait de soir là une intensité survolté d’énergie  positive, de joie, d’émotion, de folie, de légèreté dans la musique, de poésie et des textes incroyables, des musiciens plein de fougue. Feu ! Chatterton a réussi à nous cueillir et à nous toucher à long terme ! Waouh quel concert !  

https://feuchatterton.fr/

https://www.facebook.com/feu.chatterton/?locale=fr_FR

https://youtu.be/ykpDVaMHGT4

 

 

MICHEL JONASZ :
Soul Tour

MICHEL JONASZ & Friends : Soul Tour

Lille Zénith, dimanche 25 janvier 2026

Michel Jonasz fait partie de ces artistes avec lesquels certains d’entre nous ont grandi. Je parle de ceux qui comme moi ont grandi dans les années 70/80 et qui dans l’inconscient collectif entendait dans leurs transistor des gens comme Michel Jonasz, Alain Souchon, Christophe, Laurent Voulzy, Véronique Sanson et tant d’autres qui ont construit une partie de notre culture musicale. Et même si une fois ado, on s’est vite tournée vers le rock et des musiques plus sauvages, tous ces chanteurs sont restés un peu ancrés en nous et on a toujours le plaisir d’écouter ou fredonner leurs chansons intemporelles.

Fin 2024, Michel Jonasz sort un nouvel album nommé « Soul », incluant une réorchestration de ces plus grands titres dans un style qui fut une de ces plus grandes sources d’inspiration, la soul music à l’instar du blues. 

De cet album, en découle une immense tournée à travers toute la France qui débuta en mars 2025. Alors comme « soul » qui veut dire « âme », j’ai écouté la mienne et lorsque j’ai vu que l’artiste passait près de chez moi, que j’ai voulu aller à sa rencontre et à celle de tous ces morceaux avec lesquels j’avais grandi.

Ainsi c’est dans le froid humide de cette fin janvier que je me suis rendu au Zénith de Lille. Michel Jonasz entre en scène et commence par interpréter ce titre si fédérateur « L’Air que l’on Respire » avec un groove incroyable que déjà la chaleur monte et qu’on en oublie instantanément le froid extérieur. Puis il présente humblement ces musiciens exceptionnels dont ces vieux compagnons de route entre autres Manu Katché à la batterie et Jean-Yves D’Angelo aux piano et claviers.

On enchaine avec « Groove Baby Groove » dans une ambiance scénographique génial, très 70’s dans des tons orange, marron, bleu et des écrans géants défilants le groove dans des typographies tout autant 70’s Funky, Soul. Ça va être une succession de tubes incontournables, dansant à souhait qui vont nous emporter pendant plus de deux heure. Ainsi vont se suivre « Minuit Sonne », « Une seule Journée Passée Sans Elle », Le Wagonnets » qui constitue une véritable histoire d’amour conté par Miche Jonasz au fil des titres. 

Et non pas sans humour, Michel évoque le temps qui passe, les souvenirs de jeunesse, un clin d’œil à sa mère et ses origines hongroise. Aussi du haut de ses 79 ans, sa voix est impeccable ainsi que son dynamisme. L’ambiance à chaque titre est travaillée pour nous plonger dans des univers différents mais toujours un vrai voyage de Soul en Groove et de Groove en Soul. « Lord Have Mercy » dont maman Jonasz comprenait « Laura merci » et se réjouissait que Michel ait enfin trouvé le grand amour, « Lucille » idée de prénom à donner parmi un tas de chanson au prénom féminin. Et puis ce petit détour dans une agence de voyage qui s’est rempli de tout un orchestre pour proposer à un jeune couple un voyage à Miami avec l’explosif « La FM qui s’est spécialisée Funky ».

Dans tout ce feu d’artifice de musique et d’ambiance survolté, il y a eu aussi de la place pour l’émotion avec une de ses plus belles chansons d’amour « Les Fourmis Rouges » ou aussi le bluesy « Triste et Bleu » ainsi que « Je Voulais te Dire Que Je T’Attends » en version Piano-voix, configuration d’un autre spectacle de Michel Jonasz avec Jean-Yves D’Angelo. De grands moments de forte intensité qui rappellent  que les émotions se vivent à font que dans ces moments live. Les liens entre les artistes et le public sont là plus que jamais.

Enfin le concert se terminera avec toute la troupe réunie, qui nous aura fait vibrer pendant 2 heures avec un groove de dingue, guitare funky, batterie explosive, cuivres déchainés et c’est bien sur « La Boite de Jazz » et « Joueur de Blues » en version longue et un solo de saxo fou, qui formeront le bouquet final.

Voir Michel Jonasz en concert, ça a été une véritable expérience de dingue et très intense tout autant que lorsque je suis allé voir Souchon ou encore Véronique Sanson récemment. Ce sont des grand noms de la chanson française qui ont contribué à l’histoire de la musique en France avec des titres incontournables, intemporels, riche en musique et en texte, inspirant, populaire et qui nous touchent qu’on le veuille ou non. Leurs œuvres font partis de nous, alors merci de nous offrir encore de tels spectacles.

https://www.micheljonasz.com/

https://www.facebook.com/MichelJonaszOff

 

 

Le Cabaret Vert 2025

CABARET VERT 2025, 19ème édition, 14 15 16 17 Aout.

 

Plein la tête, les yeux, les oreilles et le cœur. Je n’arrive pas à me défaire de l’ambiance et des émotions récoltées lors de cette 19ème édition du Cabaret Vert. 

La Blue Edition, c’est ainsi que fut nommé ce cru 2025 qui a réuni 101000 festivaliers, 83 groupes de musique, sans compter, le festival de la BD avec 70 auteurs à l’œuvre ! Et puis toutes ces surprises qu’il me plait de retrouver chaque année du coté de « L’Estaminet », « L’Idéal Cinéma », Les rencontres, les conférences, les ateliers sur l’éco-festival … Allez, je vous raconte tout !

Une fois de plus Le Cabaret Vert annonce une affiche énorme et éclectique, réunissant 83 artistes sur quatre jours et des têtes d’affiches de tous horizons confondus : DJ Snake, Jamie XX, Big Flo et Oli, Booba, Sean Paul, Zaho De Sagazan, Queens Of The Stone Age, MC Solaar, Will Smith. Bref de quoi attirer du monde pour quatre jours de dingue. En ce qui me concerne, je n’y suis allé que les 16 et 17 Aout et ce qui me plait particulièrement au Cabaret Vert, ce sont les découvertes musicales, les trucs qui te foutent une claque, tellement c’est bon et que tu en reviens tout chamboulé.

J’arrive donc le samedi 16 Aout, Soleil radieux, pas trop chaud, tout est parfait. Le site a un peu changé, quatre scènes au lieu de cinq. Razorback, « la scène rock », a pris du galon et occupe une grosse partie du site tout en conservant son identité si plaisante. Et puisque j’y suis et bien je vais commencer avec un groupe de la région qui ouvre cette journée : Hellscape ! Et wow ! Ça envoi déjà du lourd avec un savant mélange de Hardcore et de Death Metal, alliant noirceur et agressivité. L’énergie est déjà bien au rendez-vous et je m’en reprends une bonne dose avec Linda Lindas à la scène Zanzibar. Venues des USA, ces quatre filles font trembler le sol avec leur mélange de punk, post-punk, garage-rock, power pop et rock en espagnol. De vraies furies au son hyper addictif. 

L’ambiance est déjà bien survoltée, les festivaliers affluents de partout avec la folie, la fougue et la légèreté que j’aime retrouver. Les bénévoles s’activent dans la bonne humeur aux stands boissons, nourritures (et que du local de grande qualité) et l’organisation générale pour notre bien-être, le décorum est top arborant mille couleurs. Pas de doute c’est bien dans l’âme du Cabaret Vert  que nous sommes. Je fais un petit détour au festival de la BD et oh ! Quelle surprise, j’y croise Goldorak et Capitaine Flam, mis à l’honneur avec deux stands spéciaux réunissant des objets et goodies d’époque qui ne manquèrent pas de faire remonter en moi un brin de nostalgie. Cela évidemment pour célébrer les deux bandes dessinées hommages sortis il y a quelque années pour Goldorak et celle sortie l’année dernière pour Capitaine Flam : L’empereur de l’espace.

Retour à la musique avec le grand MC Solaar. Ce pionnier du rap français qui a démocratisé le mouvement au début des 90’s. Une prestation géniale qui réunit à la fois tous ses tubes « Bouge de là », « Obsolète », « Nouveau Western » … et les excellents titres de son dernier album sortie sous forme de triptyque.  Un concert mémorable où le public de toute génération reprend en chœur les titres poétiques et ludiques. Les musiciens qui l’accompagnent sont aussi géniaux et offrent une dynamique de fou à ce concert de dingue. Un grand moment pour le festival. Mais pas un moment unique car ça va monter crescendo et sans plus attendre avec un autre groupe de légende des 90’s. Il s’agit de FFF.

FFF, Fédération Française de Fonck qui a marqué le rock fusion dans les années 90 avec des titres emblématiques tel que « AC2N », « Barbès », « Le pire et le meilleur » ou encore « Silver Groover ». Des titres auxquels on a eu droit évidemment dans la prestation de dingue que le groupe nous a offert. Le public était réellement déchainé et surpris par tant d’énergie. Sans compter l’interprétation de la plupart des titres de leur dernier album « I Scream » qui sont tous des tubes incroyables. Voir FFF en concert, on n’en sort pas indemne.

Direction ensuite pour vers le groupe légendaire du stoner  Queens Of The Stone Age dirigé par Josh Homme qui a su dépasser le genre grâce à une entité musicale multidimensionnel et qui fait que QOTSA est devenu un véritable mastodonte. Le concert commence par « No One Knows » et va découler ensuite les tubes « Little Sister », « My go dis the Sun » …etc

Et j’ai fini cette journée avec un petit coup d’œil sur Landmvrks, le groupe de métalcore le plus en vogue actuellement en France et en Europe.

La nuit fut courte, mais suffisante pour recharger les batteries et repartir pour une journée pleine de surprise. Nous sommes donc le dimanche 17 aout 2025 et je me dirige vers la scène Razorback pour voir ce groupe originaire de Strasbourg  Lonlax  et c’est une véritable bonne surprise avec un rock complétement décalé. Deux guitares intempestivement interrompues par une batterie en constante reconversion.  Ça a l’air de ne pas tourner rond, mais c’est génial comme ça. Pleine d’étonnement, de créativité, d’invention et d’énergie qui ne laisse pas indifférent. Et ça continue avec  Tramhaus  groupe post punk des Pays Bas. Concert également remarquable porté par une énergie débordante qui a électrisé la foule. Ce groupe va surement faire un carton dans les mois qui arrivent avec la sortie de leur premier album. À suivre de près, on en reparlera !

Enfin, la vraie révélation arrive ! Chaque année, je fais une découverte au Cabaret Vert qui reste dans mes coups de cœur musicaux pour longtemps. Cette année c’est de  The Last Dinner Party que je tombe amoureux. Groupe londonien de art pop, rock alternatif composé de cinq musiciennes charismatique. Scénographie génial et aérienne, musicalement c’est hyper accrocheur avec des touches de sonorités et de constructions 70’s et 80’s qui rappel parfois Kate Bush dans le timbre et la gestuelle. Tout simplement génial, flamboyant et riche en émotions.

On bifurque vers un tout autre style, du hip-hop révolutionnaire avec les groupe irlandais  Kneecap  qui s’impose comme l’un des groupes les plus uniques et captivants de la scène actuelle hip hop dans sa forme la plus puissante, brisant les interdictions et les barricades.

La journée et l’édition vont se terminer en apothéose. Tout d’abord avec   Vampire Weekend  avec leur rock alternatif, baroque et petites influences africaines à l’énergie rafraichissante et joie insouciante.

Toujours dans l’esprit légèreté et fraicheur, c’est avec  l’excellent duo de  Wet Leg  que ça continue. Leur nouvel album « Moisturizer » confirme bien leur talent et en fait l’un des meilleurs groupes de la scène indé actuelle et ça se voit de par leur prestation et à la réaction du public. Un concert plein de joie, coloré, d’humour et de folie. Inoubliable !

S’ensuit les géniaux  Idles  que j’avais découverts ici même il y a quelques années. Un concert et une intention de distiller de l’énergie brute et des paroles engagés dans un mélange de punk, post-punk.  Joe Talbot chantant de véritables hymnes communaux de solidarité, de joie et d’espoir. Un carton plein et un public explosif.

Et le Cabaret Vert se termine avec un énorme show à l’américaine avec  Will Smith . Une foule monstre est venue acclamer la star américaine. Un concert en mode superproduction presque cinématographique introduisant la carrière de Will Smith qui rend hommage ce soir au source du hip-hop qu’il a bien connu et en fut l’un des représentant. Véritable spectacle d’exception qui termine cette 19ème édition par un coup de maitre mémorable.

Voilà ce qu’il en est de mon expérience au Cabaret Vert 2025 et comme chaque année le festival est à la hauteur de sa réputation. Jamais aucune déception. Je n’ai pas eu le temps de tout explorer notamment du côté des scènes Greenfloor et Zion Club, mais je suis persuadé que les fans de rap, electro, reggae en ont eu plein les yeux et les oreilles également.

J’ai également adoré « l’Estaminet », ce lieu de détente ludique, plein de magie, de jeux, d’artistes de rue, d’exposants et de créateurs locaux, le tout à l’ombre des grands arbres offrant une douce fraicheur. Cool aussi le cinéma Idéal et ses courts métrages de fou, les conférences, les tables rondes de IDéal aux sujets de l’écologie.

Je suis également toujours impressionné par toute l’organisation, la sympathie des bénévoles, du service de sécurité, de la prévention, de la disposition des choses et de la facilité et du bien-être qu’offre le Cabaret Vert. J’ai hâte de vivre la 20ème édition et je vous y donne rendez-vous du 20 au 23 aout 2026.  

 

Reportage et photos : Vincent Gaillard

Site du Cabaret Vert : https://cabaretvert.com/

Facebook : https://www.facebook.com/cabaretvert/

 

 

 

 

 

 

 

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