


ENRIKA : Désirs Urgents
ENRIKA : « Désirs Urgents »
Sortie le 27 mars 2026
Enrika, folk-rockeuse, poétesse et cinéaste, viens de sortir son premier album : « Désirs Urgents ». Tout comme son nom l’indique, le mot d’ordre qui amine les 7 titres de l’opus, c’est l’urgence. Tout en poésie contemporaine, que ce soit en clameurs rocks ou chuchotement folk, Enrika se hâte de déballer cet état d’urgence contenant ses doutes, ses espoirs, ses désespoirs, ses rêves et toujours avec l’envie d’avancer vers des choses meilleurs. Comme un constat de charges émotionnelles qui nous submergent à titre individuel ou sociétal, « Désirs Urgents » nous invite à passer entre les mailles du filet et à prendre la tangente vers un esprit de révolte, de liberté et l’envie de vivre la vraie vie !
L’album contient 7 titres oscillants entre le rock et le folk. Enrika en a écrit les paroles et la musique et les arrangements ont été réalisé par Jean-Pierre Mathieu (Treponem Pal, Naked Apes, Valhere …), un duo qui façonne un disque cru, tendu et sans compromis. « Désirs Urgents » s’ouvre sur un véritable tube « En Cavale Vers Nulle Part ». Un rock éclatant au refrain plein d’enthousiasme et de fraicheur qui nous invite au voyage, ou plutôt à la fuite, la cavale vers l’inconnu, le risque, la vie, l’amour, le hasard. Puis « Je te Kill », ballade amoureuse folk, sensuelle et entière. « Mission Sensation » titre rock absolu en quête pour le retour des relations humaines, des sensations. Véritable coup de poing à l’aseptisation de la société. « Résiste à la Nuit » sur les craintes et les angoisses que suscitent les guerres, « Blue Orange » un folk-rock sur la difficulté à affronter la vie quand rien ne va plus. « La Vie au Hasard » et « Laisse Aller » sur les doutes des relations, les amours incertains, indécis ou au contraire, ce laisser aller à la vie, au besoin de respirer, de liberté.
Enrika réussi un véritable coup de maitre avec ce premier album rempli de mots justes qui tapent dans le mille et sont loin de laisser indifférent. Musicalement hyper addictif, oscillant entre rock frais et accrocheur et ballades folk mélancolique.
Thomas Gaucher: Rusty Ladder
Thomas Gaucher : « Rusty Ladder »
Sortie le 13 mars 2026, We See Music.
Thomas Gaucher, guitariste virtuose, éclectique et aux influences variées, nous offre à l’approche de ce printemps 2026, son premier album « Rusty Ladder ». Un album entièrement musical qui nous plongent dans ses souvenirs d’enfance et familiaux au grand air de la campagne poitevine.
Thomas s’entoure de Gabriel Sauzay à la contrebasse et de Loup Godfroy à la batterie et forme un trio. Formule qui apporte beaucoup de liberté et un grand pouvoir d’évocation, jusqu’à brouiller les frontières entre le jazz, folk, blues et rock. Ainsi il compose avec paysages et souvenirs en tête, relevé magnifiquement par la finesse de jeu et la complicité des trois amis et de l’intervention de Pierre de Bethmann au piano.
9 titres superbes dans lesquels Thomas nous invite dans ses souvenirs, nous faisant tour à tour grimper dans un vieux chêne, sur un tracteur rouge ou une échelle rouillée évoquant des souvenirs familiaux, des pique-niques près d’un étang, moments de joie, de pêche et de barbecue. Ou encore la passion des motos ainsi que la nostalgie des paysages qui changent au fil des années ne laissant parfois que souvenirs à ceux que l’on a connu.
Thomas nous emmène donc dans son intimité et l’on s’y ballade volontiers au fil des styles musicaux évoqués précédemment. Un album comme une bouffée d’air pur et de fraicheur, qui fait aussi écho à l’évasion de l’auditeur vers ses propres souvenirs, offrant une bande son à des moments particuliers qui peuvent nous revenir ou des paysages, des ambiances que l’on croise au fil du temps.
https://www.thomasgaucher.com/






PERFECTO : Do It !
PERFECTO: DO IT!
Sortie le 16 janvier 2026, Klonospshere.
Perfecto ! Quel nom de groupe serait plus représentatif pour désigner le rock ?!? En effet, ce blouson de cuir qui a traversé les décennies représentant, la liberté, la route, le rock dans tous ses états, le côté rebelle, l’anarchie, l’amour et la vie ! Aujourd’hui ce cuir légendaire se retrouve sur la pochette de « Do It ! » couvrant un cœur énorme rouge et incandescent de vie.
« Do It ! » ainsi ce nomme le nouvel album de Perfecto. « Fait le ! », tout comme dans un état d’urgence, la création de cet album qui reflète la sortie des années pandémiques, offre une grande bouffé d’air pleine de résilience, de volonté et d’amour. C’est ainsi que le groupe originaire de la région parisienne a créé les 6 titres de l’album. Fondé autour du chanteur et claviériste Toni Rizzotti (Enhancer), du guitariste chanteur Mathieu Dottel (Bukowski), du batteur Romain Sauvageon (Bukowski) et rejoint par Miguel Novais (Guitare), Jiu Gebenholtz (basse, contrebasse, claviers).
L’album s’ouvre avec le titre « Do It ! ». Plus rock que jamais, sauvage à souhait, guitares tranchantes, rythmique nerveuse et refrain fédérateur comme un cri de ralliement qui nous rappelle que la vie est courte et qu’il faut la vivre pleinement et intensément. En tout cas le ton est donné et ça réveil sec !
On est loin d’être au bout de nos surprises lorsqu’arrive « Kiss’em All » avec un coté vintage où l’on sent que le groupe se fait plaisir et aussi pour notre plus grand bonheur. On y retrouve un coté Glam Rock empreint au 70’s mais avec des sonorités modernes, un petit côté Roger Glover et son « Love Is All ». Perfecto puise dans le meilleur du rock pour nous le restituer au top de sa forme.
« The Knife Thrower » qui aurait pu faire partie de la b.o.f. de Pulpe Fiction, est également une bouffée d’énergie, « Cannibal Romance » mélange aussi la nostalgie et la modernité, entre rock sixties et fureur de vivre pour finir en mode soul rock endiablé ! De surprise en surprise !!! « Widdershins » qui commence avec des sonorités un brin électronique, presque gothique et se poursuit comme une fresque qui monte crescendo avec tension et énergie brute. Et enfin « In The Shelter of your Eyes » aux sonorités électroniques savamment dosées et à la puissance rock maitrisé et haute en énergie qui résonne comme le générique de fin d’un putain de film d’action que ferait la vie. Celle même qui se vit pleinement … DO IT !
Perfecto signe ici un album 100% rock, à l’état brut. Un album qui fait du bien, qui fout la niaque. On ressent le plaisir qu’a eu le groupe à composer et jouer ces titres et ce plaisir se transmet dès la première écoute.
https://www.facebook.com/Perfecto.the.band/
https://www.klonosphere.com/artiste/perfecto/
(Artwork Perfecto par Mathieu Gibson)
(Photos promo Perfecto par François Duffour)
Quentin LOURTIES : Humankind
Quentin LOURTIES : Humankind
Sortie le 12 février 2026
Quentin Lourties, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et multi-instrumentiste, nous présente avec « Humankind », son nouveau projet musical impressionnant et des plus surprenants, tant le concept est ambitieux. Déjà au regard de la pochette de l’album assez déconcertante par la main d’une personne, qui dépasse de l’eau en faisant naufrage en mer au large des côtes. Est-ce une allégorie d’une l’humanité qui fait naufrage pour sombrer à jamais ou bien au contraire qui remonte à la surface pour retrouver l’air et la vie ?
Quoi qu’il en soit c’est une œuvre forte et résolument ancrée dans les enjeux du 21ème siècle que Quentin Lourties va nous faire découvrir. Explorant les fractures et les beautés du monde moderne sous la forme d’une grande fresque orchestrale où le classique et jazz moderne se rejoignent.
8 titres intenses qui nous embarquent durant une heure de manière très accessible et variée avec un sens du groove organique, du lyrisme classique, de la pop, jazz et musiques de films.
Quentin Lourties dirigent son big band d’une vingtaine de musiciens les plus reconnus de la scène française et nous offre son projet le plus abouti. On ne s’ennuie pas une seconde, constamment tenu en haleine par des pièces contrastées, vivantes, parfois brutales, parfois enfantines, qui deviennent des espaces de réflexion, d’émotion et de résilience. Les thèmes abordés allant du changement climatique dans tous ses extrêmes, la transformation de Paris pendant les JO, les bonnes inspirations de l’homme et ses pires absurdités, des odes au courage et à l’espoir. « Humankind » est essentiellement musical, à l’exception de deux magnifiques chansons « L’île Aux Merveilles » portée par les voix de Juliette Delas et Monika Kabasele et « Les Âmes Perdues » avec la voix d’Ellinoa de toute beauté et transcendante.
Véritable belle découverte, un chef d’œuvre du genre ! Quentin Lourties s’affirme ici comme un pilier de jazz contemporain français !
https://www.quentinlourties.com/
https://www.facebook.com/quentin.lourties/?locale=fr_FR







Jeune Senior Weekend : Unexpected
Jeune Senior Weekend : Unexpected
Sorti fin 2025, Stryckhnine Recordz.
Il est heureux de voir et surtout d’entendre que les bonnes choses ne disparaissent jamais du circuit en matière de rock. C’est de new wave, post punk et indie rock 80’s qu’il s’agit ici, car le groupe Jeune Senior Weekend, nous offre un véritable album de 10 fabuleux titres qui vont ravir les fans du genre et ça s’appelle « Unexpected »
Originaire de Perpignan (Catalogne nord), les 5 membres de Jeune Senior Weekend accordent à merveilles guitare, basse et synthé autour d’une incontournable boite à rythmes, si symbolique de l’époque new wave.
Dès le premier titre, « Turn On The Light », on est happé dans une ambiance post punk nerveuse, tendue et agréablement surpris par le chant mixte qui trouve un équilibre parfait entre féminin et masculin et ça colle parfaitement au style avec une originalité supplémentaire qui se retrouvera tout au long de l’album.
Avec « Paralysed », c’est tout droit vers un style entre Joy Division et les premiers New Order qu’on se dirige avec autant d’énergie, de mélancolie et une belle envie de se remuer de la tête au pied.
Ensuite gros coup de cœur pour « Des Signaux De Fumée ». Titre en français qui est non sans rappeler Asylum Party ou encore Taxi Girl. Musicalement ça sonne comme The Cure ! Un vrai bonheur !
Jeune Senior Weekend a réussi à retranscrire un son entre les élans nerveux du post punk, la pulsation synthétique de la pop mélancolique et l’énergie libératrice de la danse. On va de surprise en surprise à chaque titre sans jamais tomber dans la parodie.
« The River » me rappelle certain titres de Wire. « VHS », la nostalgie de ce bon vieux support vidéo qui contient parfois tant de souvenirs. « Cerfs-Volants », autre titre en français, nostalgique d’une époque révolue mais pas dénué d’espoir. « The Woods » à la limite de la cold wave, sombre et aérien à souhait qui fait surement écho à « A Forest » de Robert Smith. Et pour Finir « Legs » titre dansant, presque électronique que ne renierai pas New Order.
« Unexpected » porte visiblement bien son nom. C’est un album surprenant et terriblement addictif, à la fois dansant et introspectif, entre tension et abandon. Un véritable bonheur de retrouver ce style post punk, new wave, avec les ingrédients et les références qui vont bien et cependant, Jeune Senior Weekend a su en tirer sa propre identité avec un son et un chant si particulier. Un véritable petit trésor !
TELEMAC : Telemac
Telemac EP 5 titres
Sortie le 5 décembre 2025. Cooldrive/Distribution MAD/PIAS
Telemac est un groupe de Montpellier composé de Mélina (batterie), Vincent et Karim (guitares) et Seb (chant).
A la première écoute rapide de Telemac, j’ai pensé à certaines sonorités indie rock du début des 90’s. Mais en écoutant plus attentivement, mes références sont remonté un peu plus loin car c’est franchement teinté d’un côté post punk, voire carrément new wave.
Dès le premier titre, « Firefly » à l’ambiance à la fois sombre et lumineuse et au riff entêtant touché d’une pointe électronique, j’ai pensé à The Sound ou encore un côté brut comme Television.
Ambiance confirmé avec le titre suivant « A bit Of Blue Sky », plus léger, à la fois éthéré et garage. Le chant s’accorde parfaitement à la musique et j’adhère complétement !
« Through my love » un titre dont l’intro n’aurait pas déplu aux Joy Division. « Follow The Sun » qui me rappelle aussi quelques intonations à la The Chameleons et un final génial aérien et vaporeux qui vous emporte complètement !
« Two for the best », titre plus calme pour finir l’EP. Un petit côté psychédélique et un brin de mélancolie ou l’on se perd volontiers. Un vrai régal.
Bref, c’est un véritable coup de cœur que j’ai pour Telemac qui a su faire une véritable alchimie entre une new wave, Indie rock et garage rock. Un chant qui nous emmène vers de vastes horizons ou des errances nocturnes. Textes introspectifs et imagés qui explorent la quête de soi, les déséquilibres amoureux, le poids des illusions, mais aussi les dérives de notre époque. Tantôt intimes, tantôt critiques, ils ouvrent des brèches où se glissent la lucidité et la révolte.
Telemac nous offre avec ces cinq titres un voyage entre rêverie et danse dans une sensation à la fois brute et fragile, joyeuse et mélancolique. L’EP passe très vite et on en redemande ! Alors on l’écoute en boucle en espérant un album pour bientôt !
https://www.facebook.com/telemacmusic





Nicole Johänntgen : Labyrinth II
Nicole Johänntgen : Labyrinth II.
Le saxophone a toujours été un de mes instruments préféré, et fait partie intégrante de ma culture musicale. Comment oublier des titres tels que Us and Them des Pink Floyd, Backer Street de Gerry Rafferty ou encore Your Latest Trick de Dire Straits. Sans compter que lorsqu’on a grandi dans les années 80, le Saxo était un incontournable dans la musique, autant que la guitare et les synthés. Alors immanquablement je reste très sensible au son de cet instrument.
Alors lorsque j’ai eu l’occasion de découvrir Labyrinth II, le dernier album de Nicole Johänntgen, c’est avec une oreille plus qu’attentive que je me suis laissé envahir par chaque titre.
Nicole Johänntgen est une saxophoniste et compositrice de jazz allemande. Elle effectue des tournées dans le monde entier et a reçu plusieurs prix internationaux. Elle a fondé le programme « SOFIA Support of Female Improvising Artists » en 2013. Ce programme soutient les femmes dans le jazz, dans les domaines du réseautage, de la musique et des affaires musicales. Elle dirige également le « Kids Jazz Club ». Nicole est l’une des saxophonistes le plus influentes sur les médias sociaux.
Dès la première écoute de « Labyrinth II », on est saisi par le titre d’ouverture « With Love ». La douceur d’un saxophone langoureux et le côté minimaliste et peu ordinaire de l’accompagnement qui se compose de percussions légères et d’un tuba. Ça fonctionne à merveille. Le morceau suivant « Elephant Walk » où ici le tuba joue un rôle très représentatif de l’animal. Ce titre poly forme, offre de multiples facettes à cette marche qui se veut de plus en plus dansante, puis redescend lentement pour repartir de plus belle vers un groove festif et joyeux. Il n’en faut pas plus pour adopter l’album et au fil des titres, c’est un vrai régal de surprises qui s’offre à nous.
« Labyrinth II » est composé de 13 titres tous aussi variés et étonnants les uns que les autres. C’est dynamique, tendre, léger et puissant avec une bonne dose de groove.
Nicole Johänntgen au saxophone et voix, Jon Hansen au tuba et David Stauffacher aux percussions et batterie. Les trois artistes créent des champs de tension musicale entre poèsie et scénarios de transe, pleins d’escapades mélodiques sauvages et de rythmes mondains. Comme errant dans un labyrinth sonore ou l’on aime se perdre ou se désorienter dans les émotions, la sensibilité et l’amour.
De magnifiques instants de grâce avec les mélancoliques solos de « The Voice Of Saxophone » et « Hark », le délicat « Bluebird » et l’envoutant « Waves II ». Un bel hommage aussi au saxophoniste Arthur Blythe avec le très technique et groovy « In Honor Of Arthur Blythe », du groove de dingue aussi avec « Courtship Dance » qui fait de cette album un véritable régal, passionnant et varié.
https://www.nicolejohaenntgen.com/music/nicole-johanntgen-labyrinth-ii/
Baby Vortex: Not What You Think
Baby Vortex: “ Not What You Think”
Sortie le 17 octobre 2025,
Baby Vortex est un groupe originaire de Bordeaux des plus surprenants, voire même des plus déstabilisants. Classifié dans un style de jazz moderne, on ne sait plus très bien, à l’écoute de leur premier album « Not What You Think », si c’est le jazz qui s’invite dans le rock ou si c’est le rock qui fait corps avec le jazz. C’est même au-delà de ça puisqu’il y a un réel groove entre afro-beat, jungle et trip-hop. On n’aura pas de mal à parler de jazz-fusion contemporain.
C’est Clément Simon qui est à l’origine du projet et va former le trio avec Jean-Loup SIAUT à la guitare et Curtis Efoua Ela à la batterie. Clément étant aux claviers et aux compositions.
L’album contient 8 titres entièrement musicaux dans lesquels Baby Vortex va créer son propre triangle de Bermudes pour mieux engloutir l’auditeur dans un tourbillon d’émotions contradictoires.
Ça commence avec « The Alpinist », une longue pièce de 10 minutes qui commence par une longue intro synthétique aux claviers, planante et cotonneuse, apaisante, rejointe par une guitare délicate. Puis en milieu de morceau le groove de la basse, de la batterie et la rêverie du piano, nous propulse encore plus haut dans l’ascension pour nous retrouver au sommet avec un solo de guitare incroyablement rock et inspiré. Une véritable odyssée ascensionnelle !
« La Bonne Etoile », titre frais, joyeux à la ligne de basse bondissante et aux couleurs changeantes. Suivi d’un titre cosmique et nonchalant «Pistolaser Song », sorte d’hommage aux tirs lasers des héros spatiaux de notre enfance ou encore de Star Wars, un voyage galactique en zig zag vers l’inconnu et propulsé par un solo de guitare folle dans les réacteurs.
« Wrong Pyramid » est un hymne afro-beat structuré comme une chanson dans lequel guitare et piano tissent une partition étrange. Et c’est d’étrangetés qu’il va s’agir dans la suite de l’album, notamment avec « Igor Mortis » avec son intro langoureuse et un brin menaçante, dressant le portrait d’un personnage fantasque. Le morceau tend vers un style post-rock jusqu’à une explosion finale teinté de rock-fusion 90’s.
« Cheval Fourbe » titre rock psychédélique entêtant s’ouvrant vers de grands espaces aspirant à une quête de fougue et de liberté.
Retour au côté étrange de Baby Vortex avec «Not What You Think ». Titre magnifique, hypnotique, planant, nocturne et mélancolique. Une petite merveille qui sonne également post-rock. Il n’y a qu’à se laisser porter.
Enfin « Last Call », court morceau à la fois spatial et tellurique, comme une prière ou une gratitude. Un final qui nous laisse sur les genoux avec le sentiment de ne pas sortir indemne de cette écoute d’album.
En effet, « Not What You Think » est un album extrêmement surprenant de par son accessibilité et son coté addictif. Chaque titre est une sensation différente, un savant mélange de style jouant avec nos émotions, de la joie à la mélancolie, en passant par la surprise, l’évasion, le rêve, la folie …
Une fois adopté, cet album va avoir du mal à rester longtemps sans être réécouté !
https://www.clementsimon.com/musique/nwyt25






DELEO : If This World Were Mine
DELEO : “If This World Were Mine”
Sortie le 14 novembre 2025. Made It Record / LaCouveuse.
Whao, quelle surprise et quelle claque, à l’écoute du nouvel EP de DELEO ! 6 titres dont on devient immédiatement accro tant l’intensité et la tension des titres sont à vif.
DELEO, c’est avant tout un duo formé en 2018 par Denis Navarro, fondateur du projet, et Emilie Domergue. Deux personnages aux forces opposées et qui ont su trouver l’équilibre entre introspection et incandescence, entre mélancolie et cri de vie. C’est tout naturellement qu’ils ont capté cette matière vive pour la retranscrire dans « If This World Were Mine ».
L’EP s’ouvre avec « As Promised » une intro qui monte lentement en intensité pour lancer le titre suivant « Something I Will Find » la tension est immédiate avec une basse élastique et bondissante qui laisse découvrir un rock brut, organique et vivant. La voix d’Emilie est au top et colle parfaitement à la musique. « You And I » commence plus calmement et offre un moment de toute beauté qui monte en puissance. « Asshole And Ashes », le tube parmi les tubes de cet EP. Une intro qui sonne un peu dans le style Placebo (You Don’t Care About Us), un refrain entêtant, une batterie déchainé et une énergie addictive, punk, ironique et brutale qui se termine par un virage à 180° dans une ambiance calme, presque apaisante pour laisser place à « Echoes », mon coup de cœur. Titre magnifique à l’ambiance post-punk, limite cold wave jusqu’à la moitié du morceau, là où ça part en explosion d’émotion pour redescendre lentement dans les abîmes, comme un couloir mental sans retour. Pour finir, « Calm And Quiet », tout aussi génial, termine l’EP. Un titre qui évoque une oppression intérieure étouffante et pourtant, je lui trouve un pouvoir d’évasion, comme sur une longue route qui nous emmène loin quand on a tout plaqué. Mais ça c’est le pouvoir subjectif de la musique.
La voix d’Emilie est vraiment incroyable, elle me fait penser à certain moment à Deborah Dyer de Skunk Anansie ou encore Beth Gibbons de Portishead. Les compositions sont incroyables. Comme je le disais, « If This World Were Mine » ne contient que des tubes. Les textes parlent de ce qu’on traverse et de la manière dont on avance.
C’est Philippe Uminski qui a produit l’EP avec justesse et retenu, laissant toute l’émotion, l’urgence et l’intensité brut que DELEO a voulu transmettre à travers ses titres.
DELEO, n’en est pas à son coup essai et ont déjà sorti plusieurs EP et LP et sont tous aussi bons les uns que les autres, entre post-punk, new-wave et rock émotionnel. A découvrir d’urgence si ce n’est pas déjà fait. En tout cas, moi, j’y suis allé, retourné et j’y reste !
https://deleoofficial.com/french
https://www.facebook.com/officialdeleo/
Melaine Dalibert & David Sylvian : Vermilion Hours
Melaine Dalibert & David Sylvian: Vermilion Hours.
Sorti le 27 juin 2025; ici, d’ailleurs / Mind travels
C’est sur les nuances de rouge et de orange qu’offrent les innombrables irisations de la lumière qui accompagnent l’aube, que Melaine Dalibert a écrit « Vermilion Hours ». Un album musical composé de deux pièces, « Musique pour le lever du jour » et « Arabesque », présentent en versions intégrales et en versions courte.
Deux œuvres frôlant l’infini, sans début ni fin, subtiles, impalpables, à la fois complexes et minimalistes. Melaine égrène les notes de son piano à la fois de manière condensé et étiré, semblant dilater le temps, se répétant sous de multiples combinaisons aussi imprévisible que l’apparition aléatoire des lueurs d’un lever de jour.
David Sylvian,( chanteur à le voix charismatique du groupe Japan (1974-1982), qui fut à mon sens l’un des meilleurs groupes et des plus influents de la New Wave, suivi d’une carrière solo singulière et envoûtante, côtoyant entre autres Ryuichi Sakamoto et Robert Fripp. ) viens délicatement traiter les deux pièces de couches électroniques à la fois discrètes et minimalistes, mais qui démultiplie délicatement le jeu des résonances et des harmoniques qui était déjà à l’œuvre. Comme si cette aube rougeoyante se reflétait dans l’eau et s’y diffractait à l’infini.
« Vermilion Hours » est un album complétement atmosphérique, une musique-image ou l’on se perd volontiers au fin fond de son intensité. On peut très bien se plonger dans les lueurs d’aubes vermillon, ici invoquées, dans les silences et les résonances de couleurs sonores. C’est aussi une musique qui s’écoute jusqu’au plus profond de nous, en intimité avec nous-même. Nous offrant nos propres paysages intérieurs, suggérant toutes les possibilités, accompagnant peut être certains songes ou les occultant. Comme une ode à la lenteur, au ralentissement de nos mécanismes toujours trop rapide, « Vermilion Hours » nous reconnecte avec le temps comme une pause bienfaitrice. Un album précieux comme les arabesques de lumière dans l’écrin d’un petit matin.


ATRIUM : Watery Grave

ATRIUM : Watery Grave
Date de sortie 28 novembre 2025. Microcultures / l’Autre Distribution
J’ai découvert le 1er album du groupe rennais ATRIUM le jour de sa sortie. « Watery Grave » qu’il se nomme. Un titre pour le moins surprenant et étrange. Une pochette avec deux corps nus, inertes, maquillés/salis, imbriqués l’un dans l’autre et flottant sur des eaux sombres. Il ne m’en a pas fallu plus pour attiser ma curiosité.
J’écoute le premier titre et dès lors, je me suis retrouvé aspiré dans l’univers du groupe. C’est d’une beauté saisissante. « My Prayer 1 », sorte d’introduction spirituelle à l’album, comme une prière en polyphonie. D’abord à deux voix féminines et magnifiques pour se finir avec toutes les voix des membres du groupe. Il s’agit en fait d’une prière à la Morrigan, déesse celte de la Guerre et du Massacre, née de la Mer. C’est une demande de protection à la guerrière durant le long combat protestataire qui s’annonce tout au long de l’album.
Au deuxième titre « Cargo », le ton de l’album est véritablement donné. Quasi acoustique et avec une énergie folle, on a ici un mélange de rock et de folk franchement teinté de progressif. C’est d’une justesse incroyable et savamment dosé pour surprendre à plusieurs reprises. Les voix des deux chanteuses leads, Sadbh et Jeanne, se complètent à merveilles suivies de temps à autres par le reste du groupe. Aucun doute, l’album s’annonce être grandiose.
J’apprends que ATRIUM construit ses musiques autour des textes et de l’engagement militant et poétique de l’écrivaine irlandaise Brid Ni Chonghaile, dont les poèmes et chansons racontent des histoires humaines, oubliés du grand public ou même des premiers concernés. Le combat de Brid est de faire en sorte que ces histoires ne tombent jamais dans l’oubli. Les thématiques et histoires contées, aussi dures que poétiques, aussi glaçantes que porteuses d’espoir, sont la nature même de leur message militant. Faits divers ou résultats de nos sociétés malades, les textes nous rappellent la mort de George Floyd, les guerres de religions, les féminicides, la suppression ou l’interdiction des droits des femmes, la colonisation, l’esclavage, la montée des eaux, … et sont souvent écrites de façon cryptique et poétique.
« Iodine », superbe, s’ouvre délicatement avec une guitare acoustique hypnotique, on frôle dans ce titre la musique du monde aux effluves irlandaises. Clin d’œil à la triste histoire d’un aïeul de l’autrice.
Et ainsi les 10 titres de « Watery Grave » vont s’enchainer mélangeant énergie explosive, douceur et sensibilité autour d’histoires personnelles traumatisantes, de constats acerbes sur le monde capitaliste et d’invitations à la résistance et au militantisme.
Tous les titres sont d’une intensité incroyable et l’album s’écoute et se réécoute avec admiration. Il est presque impossible de classer les titres par préférence, tant l’émotion est à chaque fois très haute. Petit coup de cœur malgré tout pour « Broken Dolls » pour sa force et son thème sur la violence faite aux femmes et son final musical complètement génial et puis « My Prayer » 1 et 2 pour cette intensité vocale dont je n’ose même pas imaginer le frisson que cela doit apporter en live.
ATRIUM a fait avec « Watery Grave” un album rare, inspiré, touchant, intense et surprenant. Il ne faut absolument pas passer à côté.
https://www.facebook.com/atriumrennes



Theorem Of Joy : Feux
Theorem Of Joy : Feux
« Feux » est le troisième opus du quintet Theorem Of Joy. Cette formation, fondée en 2017 par le compositeur et contrebassiste Thomas Julienne, s’est imposé comme un incontournable de la scène jazz actuelle.
A travers neuf compositions originales, l’album dessine une cartographie sonore ou chaque note révèle les doutes et les espoirs qui façonnent notre époque. Un lien entre musique et introspection invite l’auditeur à voyager sur le fil du temps, entre lumière et ombre
Au fil des écoutes, « Feux » deviens complétement addictif et provoque un véritable voyage intérieur en puisant tour à tour dans un mélange de sonorités indienne et orientale, de résonances classiques mélangé à du post-rock, du progressif ou des textures empruntées à l’électro, aux ambiances cinématiques.
Le chant de Raphaëlle Brochet est remarquable et complètement hypnotique et puis la présence du violon de Robin Antunes qui explore les sonorités de son instrument avec une sensibilité unique.
Outre une approche profondément organique, conceptuelle, « Feux » est un album très accessible à la fois coloré et clair obscure. On y découvre à chaque écoute un monde différent, parfois étrange, parfois apaisant, d’autres fois mélancolique. C’est toujours surprenant cette symbiose entre le son et l’émotion.
Mes coups de cœur sont pour les titres « Behind The Sky » et « Upside Down Candle »
Line up:
Raphaëlle Brochet: chant
Robin Antunes: violon
Tom Peyron: batterie
Anthony Winzenrieth: guitar
Thomas Julienne: contrebasse/ composition




So Young But So Cold / Who Killed Nancy
So Young But So Cold / Who Killed Nancy
Films de Otomo De Manuel (2XDVD + CD)
Sortie Avril 2024
Label : Ici, d’ailleurs
Quand on parle de grandes villes et de rock, on pense forcement à Paris, Rennes, Belfort, Bordeaux entre autres, surtout après l’émergence du Punk Rock qui a permis de repousser les limites et a ouvert une vague de créativité, de liberté un peu partout en France.
Avec ce coffret double documentaire + cd, c’est du côté de Nancy qu’on va aller se plonger au seuil des 80’s et au cœur de cette effervescence artistique, sur la naissance d’une scène post-punk et expérimentale qui bouillonnera jusqu’à la fin des années 90.
Quand on me parlait de Nancy, j’avais pour reflexe de penser à CharlElie Couture et bien sûr à son frangin Tom Novembre, à Kas Product, Mell et Les Amis De Ta Femme. Ce qui n’était déjà pas si mal. Mais lorsque l’on regarde le premier dvd « So Young But So Cold », le documentaire commence par l’énumération de toute la scène artistique qui découle de Nancy et c’est à n’en plus finir tant la liste est longue. Ce film revient sur les fondements du mouvement à travers des témoignages, des performances et des archives inédites, les débuts précurseurs de Kas Product, mais aussi d’autres groupes et lieux emblématiques de la région lorraine comme Dick Tracy, Wroomble Expérience, OTO, Terminal Export ou encore Candidate pour qui j’ai vraiment eu un coup de cœur.
Toute cette scène locale se caractérise par le « Do It Yourself » dont une des particularités est la présence de femmes aussi énervées, qu’actives et inspirées.
Chaque témoignages révèlent l’envie de créativité, d’indépendance, de faire ce que l’on veut avec peu de moyen. Nancy n’étant pas loin des frontières, un échange par capillarité se fait et la jeunesse est nourrie par la musique berlinoise.
Les groupes se croisent, collabore ensemble, forment des spectacles qui rassemblent le théâtre, l’art, la musique, réalisent des clips. Le tout dans un mélange à la fois immature et très mature. Les performances sont libres, tout est ouvert dans la liberté d’expression.
Sur le deuxième dvd, « Who Killed Nancy », le documentaire explore de façon plus synthétique cette scène artistique et nous plonge dans les luttes, les passions et les tragédies qui ont marqué cette scène punk tumultueuse dans lequel les arts et les pratiques (musique, cinéma, arts plastiques et performances) se croisent. Le film nous offre un aperçu captivant de l’effervescence de la période 90’s et des défis à venir.
Enfin un cd accompagne ces deux films, « Random, Cold and Dilettant Music » qui contient une sélection élargie de titres issus de la scène expérimentale nancéienne. Un véritable assortiment de morceaux choisis, un son original et si particulier, voyageant entre la no wave, la cold wave, la musique industrielle, le punk jusqu’à l’avant-garde et la scène actuelle qui nous donne un magnifique aperçu de l’Ecole nancéienne indépendante.
« So Young But So Cold » est bien plus qu’un simple coffret, c’est un objet de témoignage de l’effervescence artistique qui a marqué les années 80 et 90 à Nancy. Que vous soyez passionnés d’histoire de la musique, acteur ou spectateur de cette scène ou simplement curieux de la découvrir, ce coffret offre un regard unique sur une époque révolue mais toujours aussi inspirante.



